51462_51462_Moonsetter_Floor_Chrome-01-2-5-91850.webp Moonsetter floor lamp by Anne Boysen in chrome, with a round rotating disc above a cylindrical base
on October 08, 2026

Moonsetter d'Anne Boysen : le lampadaire au disque pivotant

La plupart des lampadaires figent leur lumière dès la sortie d'usine : l'abat-jour éclaire là où il est tourné, point. Moonsetter, dessiné par l'architecte danoise Anne Boysen pour Louis Poulsen, vous rend ce choix grâce à un simple disque pivotant. Cet article explique comment fonctionne le disque, de quoi la lampe est faite et ce que son socle de 45,2 kg change pour la pièce qui l'accueille.

Du concours à l'édition numérotée

Moonsetter est né du projet lauréat d'Anne Boysen au concours Next Danish Design Classic en 2020. Il a ensuite été affiné avec Louis Poulsen avant de sortir en 2021. Il est produit en éditions numérotées de 100 exemplaires, et chaque pièce porte, gravés, son numéro d'édition et son numéro de série.

L'idée se réduit à trois formes élémentaires. Un cylindre forme le socle. Une fine structure s'en élève. Entre les bras de cette structure se loge un disque circulaire, et c'est lui, au fond, toute la lampe : c'est le seul élément qui décide où va la lumière. Pas d'abat-jour au sens habituel, ni cône, ni globe. Dans une pièce, on y voit d'abord une petite sculpture de chrome et de blanc, et seulement ensuite un luminaire.

Lampadaire Moonsetter d'Anne Boysen avec structure chromée, disque rond et socle cylindrique
Moonsetter : un cylindre, une fine structure chromée et un disque qui pivote sur 360°.

Comment le disque mobile façonne la lumière

Le disque est en aluminium massif coulé. Une face est chromée, l'autre blanche, et le disque tourne sur 360° au-dessus d'une LED dissimulée. La lumière quitte la lampe à travers un diffuseur en silicone opale, si bien que l'on ne voit jamais la source à nu. Ce qui change lorsque l'on fait pivoter le disque, c'est le caractère de la lumière qui atteint la pièce.

  • Face miroir vers l'avant. Le côté chromé capte la lumière et la renvoie vers l'extérieur. Orientez-le vers un mur, vers le plafond ou à travers la pièce pour obtenir un reflet plus vif et plus dirigé, avec des éclats nets sur les surfaces voisines.
  • Face blanche vers l'avant. Le côté mat diffuse la lumière au lieu de la réfléchir. Il en résulte une lueur douce et homogène, proche de la qualité lunaire qu'évoque le nom.
  • Toutes les positions intermédiaires. La rotation étant continue, le disque peut se régler à n'importe quel angle, pour partager l'effet ou diriger un reflet vers un point précis.

Concrètement, la lampe n'est jamais obligée de donner deux fois la même lumière. En début de soirée, le miroir peut pousser la lumière dans un angle ; plus tard, un quart de tour ramène la face blanche et la pièce s'apaise. La LED fonctionne à 3500 K, un blanc chaud, et un variateur rotatif sur le cylindre en règle l'intensité en continu : luminosité et direction se règlent ainsi à la main, sur la lampe elle-même, et non sur le câble.

Lampadaire Moonsetter d'Anne Boysen avec son disque chromé et blanc dans un intérieur
La face chromée projette la lumière vers l'extérieur ; la face blanche l'adoucit.

Matériaux et fabrication

Tout ce que l'on touche sur Moonsetter est en métal. La structure est en aluminium massif coulé, chromé brillant, et le disque est lui aussi en aluminium massif coulé. C'est pourquoi la lampe évoque davantage un objet de fonderie qu'un objet assemblé, et pourquoi elle se photographie avec des reflets aussi nets : le chrome reflète son environnement, si bien que la lampe change de couleur avec la pièce qui l'entoure.

Les détails pratiques sont simples. Le câble mesure 2,5 m, en PVC noir, avec un adaptateur LED séparé, et la lampe est classée IP20 pour un usage intérieur. Aucune ampoule à choisir ni à remplacer, ce qui préserve la pureté de la géométrie : rien n'interrompt le cercle du disque.

Ce que 45,2 kg signifient dans une pièce

Moonsetter mesure 300 mm de large, 600 mm de haut et 640 mm de long, pour un poids de 45,2 kg. Ces deux données tirent en sens inverse. Avec 600 mm, c'est une lampe basse, à peu près à hauteur d'un accoudoir de canapé ou d'une table d'appoint, et pourtant elle est bien plus lourde qu'un lampadaire classique.

Ce poids a des conséquences claires :

  • Elle ne bascule pas. Un animal, un enfant ou un sac qui passe ne la renversera pas, et faire tourner le disque ne fait jamais vaciller le socle.
  • Elle ne voyage pas. Ce n'est pas une lampe que l'on déplace d'une pièce à l'autre au gré de ses envies. Choisissez son emplacement avant son arrivée et prévoyez deux personnes pour l'installer.
  • Le sol compte. Sur un bois tendre ou une pierre fragile, un patin en feutre ou un tapis sous le socle est judicieux, car 45,2 kg posés sur une petite surface concentrent la charge.

La comparaison avec deux autres lampadaires Louis Poulsen est parlante. L'AJ Floor Lamp, la liseuse conçue en 1957 par Arne Jacobsen pour le SAS Royal Hotel de Copenhague, mesure 1300 mm de haut et pèse 7,3–8,3 kg. La Panthella Floor Lamp, dessinée par Verner Panton en 1971, mesure 500 x 1290 x 500 mm et pèse 12,7 kg. Moonsetter fait moins de la moitié de leur hauteur et plusieurs fois leur poids.

MoonsetterAJ Floor LampPanthella Floor Lamp
DesignerAnne BoysenArne Jacobsen, 1957Verner Panton, 1971
Dimensions300 x 600 x 640 mm275 mm de large, 1300 mm de haut500 x 1290 x 500 mm
Poids45,2 kg7,3–8,3 kg12,7 kg
Façon de modeler la lumièreDisque pivotant, face chromée ou blancheAbat-jour asymétrique inclinableAbat-jour en acrylique opale au-dessus d'un pied réfléchissant
Idéal pourLumière d'ambiance, point focal sculpturalLa lecture à côté d'un fauteuilUne lumière d'ambiance douce à la place d'un plafonnier
AJ Floor Lamp d'Arne Jacobsen en noir avec pied en laiton, une haute liseuse pour comparaison
L'AJ Floor Lamp : haute, légère et pensée pour la lecture, tout l'inverse du cahier des charges de Moonsetter.

Où Moonsetter donne le meilleur de lui-même

Moonsetter est une lampe d'ambiance plutôt qu'une lampe de travail. Sa faible hauteur et sa lumière réfléchie conviennent aux endroits où l'atmosphère compte davantage que l'éclairage d'une page. Trois emplacements tirent le meilleur parti du disque :

  • À côté d'un canapé. Avec ses 600 mm, il se tient à la hauteur des assises : la lueur reste basse et n'éblouit jamais personne.
  • Dans un coin de chambre. Face blanche vers l'avant et variateur au minimum, il devient une douce lumière du soir.
  • Contre un mur clair. C'est là que la face miroir prend tout son sens. Tournez-la vers le mur et le reflet devient partie intégrante de la pièce.

Si vous avez besoin d'un lampadaire pour lire, associez Moonsetter à un modèle plus haut plutôt que de lui demander les deux rôles. Une AJ Floor Lamp près d'un fauteuil s'occupe de la page, tandis que Moonsetter crée l'ambiance à l'autre bout du canapé. Panthella, avec son dôme opale sans éblouissement, se situe entre les deux : d'ambiance comme Moonsetter, mais assez haute pour éclairer un coin salon par le dessus. Notre article sur la courbe unique de Panthella explique comment son abat-jour et son pied fonctionnent ensemble.

Moonsetter récompense une décision prise une fois pour toutes. Choisissez l'emplacement, posez-le, et désormais la seule chose que vous déplacerez sera le disque. Pour le découvrir aux côtés de liseuses et d'autres pièces sculpturales, parcourez toute la collection Lampadaires.