Le vase Lyngby fait partie de ces objets danois que l’on sait décrire avant de savoir les nommer : un cylindre blanc bien droit, strié de cannelures verticales de la lèvre jusqu’au pied. Il est resté assez longtemps dans les intérieurs danois pour relever du mobilier domestique plutôt que de l’ornement. Cet article regarde ce que la forme cannelée produit réellement dans une pièce, comment les hauteurs se comportent différemment, et dans quels cas le verre transparent a plus de sens que la porcelaine.
Une colonne cannelée, rien de plus
Retirez au vase tout le superflu : il ne reste presque rien. La silhouette est un cylindre simple, à pied plat et à bord non ourlé, et le seul relief tient aux cannelures creusées dans la paroi : de fines nervures verticales, régulièrement espacées, menées sur toute la hauteur sans interruption. Rien ne s’effile, rien ne s’évase, aucune couleur d’émail ne vient distraire le regard. À deux mètres de distance, le profil est un rectangle.
Ce refus de tout effet de style explique la longévité de la forme. La porcelaine danoise de ce blanc sans ornement laisse la forme faire le travail que le motif accomplit ailleurs, et le vase Lyngby en est l’exemple le plus strict de toute la gamme. Le catalogue attribue la collection Lyngby actuelle à Karakter Copenhagen, et le dessin n’a pas été adouci au moment de la production : les nervures filent toujours droit jusque dans le bord au lieu de s’estomper en dessous, un détail qu’une version moins exigeante aurait arrondi.

Ce que font vraiment les nervures
On range d’ordinaire les cannelures au rayon de la décoration. Sur un vase blanc, elles agissent plutôt comme un dispositif d’éclairage. Chaque nervure accroche la lumière sur son arête et laisse tomber une ombre fine dans le sillon voisin : une surface qui se lirait autrement comme un tube blanc et plat devient une succession graduée de lignes claires et sombres. Déplacez une lampe et la colonne se redessine. Sur une étagère exposée au nord, elle devient sourde et grise. Dans le soleil bas de l’après-midi, elle vire presque à la rayure.
Les nervures se rendent utiles de façons plus prosaïques encore. Elles fragmentent les reflets, si bien que le vase ne se transforme pas en aplat blanc sous un éclairage zénithal ni sur une photographie. Elles offrent une prise aux doigts humides quand le vase est plein et lourd. Et elles absorbent les petites marques que ramasse toute pièce d’usage quotidien, parce que l’œil est occupé à suivre le rythme vertical plutôt qu’à inspecter la surface. Un cylindre blanc et lisse de même taille montrerait le moindre choc.
Lire les trois hauteurs en porcelaine
C’est ici que la décision se joue, et les proportions restent à peu près constantes sur toute la gamme : environ une part de largeur pour un peu moins de deux parts de hauteur. Un vase Lyngby plus haut est donc aussi plus large et nettement plus lourd. Il ne s’agit pas d’une même empreinte au sol étirée vers le haut : une grande taille occupe donc plus de table que sa seule hauteur ne le laisse supposer.
- Lyngby Vase H15.5 cm white porcelain : 15,5 cm de hauteur, 8,5 cm de diamètre, 0,4 kg. Table de chevet, étagère de salle de bains, rebord de fenêtre de cuisine. Il accueille quelques tiges courtes ou une fleur unique à la tige bien recoupée, et reste assez léger pour suivre la lumière d’une pièce à l’autre.
- Lyngby Vase H25 cm white porcelain : 25 cm de hauteur, 15 cm de diamètre, 1,3 kg. La taille de la table à manger. Assez haut pour exister sur toute la longueur d’une table, assez bas pour que les convives continuent de se voir, et assez large à l’ouverture pour tenir une vraie brassée de marché sans que les tiges s’écartent.
- Lyngby Vase H31 cm white porcelain : 31 cm de hauteur, 17,5 cm de diamètre, 2,25 kg. C’est le modèle architectural. Il convient aux branches, aux hautes graminées et aux longues tiges de jardin, et avec plus de deux kilos à vide il ne bouge pas sous une brassée déséquilibrée de fleurs de cerisier. Sur une console ou une enfilade basse, il se lit comme une petite colonne plutôt que comme de la vaisselle.
Si un seul doit entrer dans la maison, le 25 cm est le choix le plus sûr : assez grand pour compter, assez retenu pour laisser le reste de la pièce tranquille. La plupart des gens ajoutent ensuite l’une ou l’autre taille, et c’est bien ainsi que la gamme se construit, une pièce après l’autre plutôt qu’en service complet.

Porcelaine ou verre transparent
Le même cylindre cannelé existe en verre soufflé à la bouche, et le Lyngby Vase H12.5 cm clear mouth blown glass est le plus petit des quatre : 12,5 cm de hauteur, 7 cm de diamètre, 0,34 kg. Le soufflage à la bouche introduit de légères variations d’une pièce à l’autre, si bien que les nervures y sont un peu moins mécaniques que sur la porcelaine.
Deux choses changent avec le matériau. Les cannelures cessent d’être un jeu d’ombres pour devenir une lentille : les nervures courbent ce qui passe derrière elles, les tiges semblent se décaler quand on longe le vase, et l’objet prend la couleur de la table qui le porte. Ensuite, le niveau de l’eau fait partie de l’objet. Avec la porcelaine, les fleurs commencent au bord ; avec le verre, on voit toute la tige, la coupe et la hauteur de l’eau, ce qui récompense les tulipes, les renoncules et tout ce qui a une tige digne d’être regardée.
Choisissez le verre pour les tiges courtes et pour les surfaces où un bloc blanc plein pèserait trop : un rebord de fenêtre, une table à plateau de verre, une étagère de salle de bains. Choisissez la porcelaine là où le vase doit tenir tête à un bois sombre, à une peinture profonde ou à une bibliothèque chargée. Réunis, les deux matériaux empêchent une rangée de cylindres de ressembler à une vitrine, parce que la lumière traverse l’un et s’arrête sur l’autre.

Vivre avec les cannelures
En pratique, la forme est commode. L’intérieur est un cylindre droit et lisse, un goupillon atteint donc toute la paroi et le fond, sans col étroit ni panse arrondie où les résidus de fleurs coupées pourraient stagner hors d’atteinte. Les auréoles de calcaire sont la nuisance habituelle sur tout vase blanc, et ici elles se déposent sur une surface que l’on peut réellement atteindre. Les quatre pièces passent au lave-vaisselle à 55°C au maximum, et c’est la température à surveiller : la machine ne pose pas de problème, un cycle brûlant si.
L’autre chose à dire, c’est que ce vase n’a pas besoin de fleurs. Comme l’intérêt tient aux cannelures et non à ce que le vase contient, un Lyngby vide tient parfaitement sa place comme objet sur une étagère, et une paire ou un trio de hauteurs différentes compose déjà un ensemble. C’est l’argument tranquille en faveur de plusieurs exemplaires : les tailles fonctionnent comme une nature morte entre deux bouquets, et pas seulement comme des contenants en attente.
La même logique traverse le reste de la gamme. Rhombe porte un relief à facettes en losange sur les tasses, les bols et les vases, et la série Flower Vase modèle une fleur unique en porcelaine, le tout blanc et sans motif, le tout en production continue, de sorte qu’une table peut se constituer au fil des années. Voyez toute la collection Lyngby Porcelæn pour comprendre comment les pièces s’accordent, et si vous hésitez entre les tailles, notre guide des hauteurs du vase Lyngby les compare une à une.
