Trois versions de l'Artichoke de Poul Henningsen sont fabriquées en parallèle : l'original en métal, la version en verre sablé et l'édition Pale Rose. Elles partagent une même silhouette et la même géométrie de 1958, puis divergent par le matériau, le poids et la façon dont chaque lamelle renvoie la lumière. Voici ce qui les sépare, et comment accorder l'une d'elles à une pièce.
Soixante-douze lamelles, douze rangées
Henningsen a dessiné l'Artichoke en 1958 pour le pavillon Langelinie de Copenhague, où les luminaires d'origine sont toujours suspendus. Ses 72 lamelles s'organisent en 12 rangées de six, chacune inclinée pour que l'ampoule reste invisible depuis tous les angles de vue, la lumière passant de lamelle en lamelle avant d'atteindre la pièce. Chaque exemplaire est assemblé à la main au Danemark, signé et numéroté.
Le principe est plus ancien que la lampe. La PH Septima de Henningsen, produite entre 1927 et 1931, superposait des abat-jour en verre dans le même but et fut arrêtée en 1940, faute de matériaux ; l'Artichoke a repris l'idée sous une forme réalisable en tôle. Pour le raisonnement qui sous-tend son travail sur les abat-jour, voir comment fonctionne le système à trois abat-jour PH.
Les trois versions reposent sur la même base technique : une armature en chrome brillant, un câble textile blanc de 4 m avec fil, une rosace et une ampoule E27 de 100 W maximum. La version en métal existe aussi avec LED intégrée, en 2700K, 3000K et en 3000-1800K à intensité variable. Toutes sont classées IP20 pour l'intérieur, et aucune ne comprend d'ampoule.

Métal, verre ou laque : ce qui change vraiment
La PH Artichoke Pendant Lamp garde ses lamelles en acier thermolaqué ou poli satiné, avec des versions laiton, cuivre et acier inoxydable, la face intérieure étant peinte en phase liquide. La réflexion est toute la raison d'être de l'objet : la finition décide donc de l'ambiance. Le cuivre et le laiton réchauffent la lumière, l'acier inoxydable poli satiné la garde plus froide et plus proche du miroir, et les teintes peintes restent mates. Les finitions mixtes (bleu poussière, vert poussière ou blanc doux avec lamelles laiton métallisé ou chrome brillant) opposent une couleur discrète à une surface réfléchissante.
La PH Artichoke Glass Pendant, lancée en 2008, remplace l'acier par du verre sablé mat, transparent ou jaune, sur une armature en laiton découpée au laser et chromée brillante. La lumière traverse désormais les lamelles autant qu'elle rebondit dessus, selon une disposition que Louis Poulsen compare à une palissade : le luminaire paraît laiteux et lumineux, allumé comme éteint. Placée à côté d'une Artichoke en cuivre ou en acier, c'est l'objet le plus aérien, plus léger d'expression sinon de masse.
La PH Artichoke Pale Rose Pendant fait remonter un détail caché à la surface. Les premières Artichoke en cuivre avaient leurs lamelles intérieures peintes d'un rose chaud pour adoucir la couleur de la lumière ; l'édition Pale Rose laque chaque lamelle dans cette teinte, sur la même armature en acier chromé brillant. L'adoucissement demeure, l'éclat métallique disparaît, et le résultat trouve sa place aussi bien dans une chambre ou un salon qu'au-dessus d'une table.

Les trois côte à côte
| Version | PH Artichoke | PH Artichoke Glass | PH Artichoke Pale Rose |
|---|---|---|---|
| Designer et année | Poul Henningsen, 1958 | Henningsen 1958, version en verre 2008 | Henningsen 1958, édition Pale Rose |
| Lamelles | Acier thermolaqué ou poli satiné, face intérieure peinte en phase liquide | Verre sablé mat, transparent ou jaune | Acier laqué rose pâle |
| Armature | Acier chromé brillant | Laiton découpé au laser, chromé brillant | Acier chromé brillant |
| Tailles | Ø 480, 600, 720, 840 | Ø 480, 600, 720, 840 | Ø 600 |
| Poids en Ø 600 | À partir de 14,2 kg | 37,9 kg | 11,1 kg |
| Couleurs | Cuivre, laiton, acier inoxydable, blanc, noir, bleu poussière, vert poussière, blanc doux | Verre sablé transparent ou jaune | Rose pâle |
| Source lumineuse | E27, ou LED intégrée en 2700K, 3000K ou 3000-1800K à intensité variable | E27, LED 2700K ou LED 3000K | E27, une ampoule de 100 W maximum |
| Idéale pour | Tables de salle à manger et cages d'escalier qui appellent un luminaire réfléchissant et sculptural | Les pièces qui veulent une lueur douce, et un plafond capable de la porter | Chambres et salons, et fixations plus légères |
Le poids, et ce que le plafond doit supporter
C'est là que les trois divergent réellement. Une Artichoke en métal part de 10,1 kg en Ø 480 et de 14,2 kg en Ø 600, chiffres donnés comme minimums car le poids varie selon la finition et la source lumineuse. La Pale Rose en Ø 600 pèse 11,1 kg. Le verre réécrit l'arithmétique : 24,0 kg en Ø 480, 37,9 kg en Ø 600, 49,0 kg en Ø 720 et 64,6 kg en Ø 840.
Dans la plus grande taille, la version en verre pèse près de six fois la Pale Rose, et cette charge arrive en un seul point du plafond. La rosace doit être fixée dans la structure, une solive ou une cheville de plafond calibrée, plutôt que dans la seule plaque de plâtre, et un ancien plafond en lattis plâtré demande en général une platine de renfort ou une traverse entre solives. Faites confirmer par un électricien ce que le plafond peut supporter avant de percer. Le câble de 4 m autorise une descente profonde dans une cage d'escalier, mais chaque mètre supplémentaire pend toujours de ce point unique.
Les tailles, et à quelle hauteur suspendre
Le métal et le verre existent tous deux en quatre tailles ; la Pale Rose n'est proposée qu'en Ø 600. En métal, le Ø 480 mesure 480 x 445 x 480 mm, le Ø 600 fait 600 x 580 x 600 mm, le Ø 720 fait 720 x 650 x 720 mm et le Ø 840 fait 840 x 720 x 840 mm. La version en verre reprend les trois plus grands jeux de cotes mais s'allonge dans la plus petite : 480 x 570 x 480 mm, soit 570 mm de hauteur contre 445 mm.
Au-dessus d'une table de salle à manger, laissez environ 60–70 cm de dégagement au-dessus du plateau et mesurez depuis la lamelle la plus basse, pas depuis la rosace, car l'abat-jour fait lui-même entre 445 et 720 mm de hauteur. Le Ø 480 convient à une table de quatre, à un îlot de cuisine ou à une pièce de hauteur ordinaire. Le Ø 600 est la taille sur laquelle s'arrête la plupart des salles à manger. Les Ø 720 et Ø 840 appellent une pièce à double hauteur, une cage d'escalier ou une longue table, un endroit où la lampe se lit d'en bas comme de côté, ce qui met le mieux en valeur la géométrie des lamelles.

Laquelle a sa place chez vous
Prenez l'Artichoke en métal si vous voulez l'objet sculptural et réfléchissant, avec le plus grand choix de finitions et de sources lumineuses : cuivre au-dessus d'une table en noyer, laiton dans une pièce chaude, acier inoxydable là où le reste du décor est froid et net. Prenez la version en verre si vous préférez un luminaire qui diffuse plutôt qu'il ne scintille, et si le plafond peut porter de 24 à 64,6 kg selon la taille. Prenez la Pale Rose si la pièce veut la géométrie de l'Artichoke sans le métal, ou si la palette va vers le chêne, les neutres chauds et les touches de laiton ; à 11,1 kg, c'est aussi la fixation la plus simple des trois.
Quelle que soit la version retenue, traitez-la comme le centre de gravité de la pièce et laissez-lui l'espace d'être vue sous plus d'un angle. Pour la situer par rapport au reste du champ, parcourez toute la gamme de suspensions.
