VPGlobe-O40-New_1600x_81018ecb-56bf-48cf-97f8-f6b9bf14bf57.jpg VP Globe Pendant O40 by Verner Panton, a clear acrylic sphere holding polished aluminium reflectors on steel chains
on September 20, 2026

VP Globe : la sphère de lumière réfléchie de Verner Panton

La plupart des suspensions traitent l’éblouissement en cachant l’ampoule derrière un abat-jour opaque. La VP Globe fait l’inverse : elle expose ses organes à l’intérieur d’une sphère d’acrylique transparent, sans jamais laisser la lumière atteindre l’œil directement. Voici comment Verner Panton est arrivé à cette idée, de quoi la lampe est faite et comment VERPAN la produit encore aujourd’hui.

De l’atelier d’Arne Jacobsen à l’ère spatiale

Panton a étudié l’architecture à Copenhague et a commencé sa vie professionnelle dans l’atelier d’Arne Jacobsen. Il y a assimilé la discipline du modernisme danois, puis a passé le reste de sa carrière à s’en éloigner. Pendant que ses contemporains affinaient le bois, le papier et les traditions artisanales, Panton s’est emparé des matériaux industriels des années 1960 : plastique moulé, acier et acrylique. La rupture n’était pas seulement technique. Elle portait sur ce qu’une pièce a le droit de faire ressentir.

La couleur formait la seconde moitié de cet argument. Panton l’utilisait comme structure et non comme finition, choisissant des rouges, des bleus et des oranges précis pour ce qu’ils font à un espace plutôt que pour la façon dont ils décorent un objet. Ses installations immersives Visiona ont été la mise en scène la plus publique de cette conviction, et ses luminaires ont porté la même pensée dans des pièces ordinaires. La VP Globe, dessinée en 1969, condense les deux moitiés en un seul objet.

Un abat-jour que l’on traverse du regard

La construction est facile à décrire et difficile à oublier. Au lieu d’un abat-jour opaque, Panton a suspendu une composition de réflecteurs courbes à des chaînettes d’acier, à l’intérieur d’une sphère d’acrylique transparent. L’ampoule se place au centre de cette composition, masquée sous tous les angles de vue par les réflecteurs eux-mêmes. La lumière quitte la source, frappe le métal courbe, et ne sort qu’ensuite par la coque transparente, douce et sans éblouissement.

Le résultat visuel est ce que l’on retient. Comme la sphère extérieure est transparente, les réflecteurs semblent flotter en l’air sans rien qui les retienne, et la lampe se lit comme une petite planète plutôt que comme un appareil d’éclairage. Les accents graphiques à l’intérieur, rouge et bleu dans la version classique, donnent à la composition un battement qu’un globe blanc uni n’aurait jamais. C’est une lampe qui se comporte comme une sculpture le jour et comme un éclairage indirect une fois la nuit tombée.

VP Globe Pendant O40 de Verner Panton, sphère en acrylique transparent avec réflecteurs en aluminium poli suspendus à des chaînettes d’acier
La VP Globe Pendant Ø40 : réflecteurs en aluminium poli suspendus à des chaînettes d’acier dans une sphère d’acrylique transparent.

De quoi la sphère Ø40 est faite

La VP Globe Pendant Ø40 est la version que l’on rencontre le plus souvent en premier. Sa fiche est courte, ce qui indique en général que chaque pièce a un rôle :

  • Coques supérieure et inférieure en acrylique
  • Réflecteurs suspendus à des chaînettes d’acier
  • Matériau des réflecteurs : aluminium poli
  • Rosace en métal chromé
  • Dimensions : 400 (largeur) x 400 (hauteur) x 400 (longueur) mm
  • Poids : 5 kg

Ces quatre cents millimètres dans chaque direction comptent plus qu’il n’y paraît. Une sphère occupe le volume de façon égale : un globe Ø40 ne présente jamais une large arête horizontale comme le fait une suspension conique, et la coque transparente l’empêche de se lire comme une masse pleine dans une pièce réduite. Les 5 kg sont à vérifier sur votre fixation de plafond avant toute chose.

Quatre lectures d’une même géométrie

Le globe a été fabriqué en plusieurs finitions, et chacune change le caractère de la lumière sans toucher à l’architecture du dessin. Le Ø40 classique conserve des réflecteurs en aluminium poli et une rosace en métal chromé, la lecture la plus froide et la plus réfléchissante de l’idée.

La VP Globe Pendant Brass adopte des réflecteurs en aluminium plaqué laiton et une rosace plaquée laiton. Chaque rebond à l’intérieur de la sphère prend une teinte dorée, ce qui convient aux pièces construites autour de matériaux chauds comme le chêne, le cuir et le lin. En Ø40 cm et 5 kg, elle correspond exactement à la version classique en taille et en poids : le choix est donc purement une question de température.

La VP Globe Pendant Ø40 Coloured Glass fait le geste le plus pictural. Ici, deux grands réflecteurs internes sont réalisés en verre coloré avec des éclats rouges et bleus, ce qui place un matériau très ancien dans une coque très récente. La différence est physique : un métal laqué ou plaqué réfléchit la couleur, tandis que le verre la transmet, de sorte que le globe allumé rayonne de l’intérieur et disperse des reflets teintés sur toute la sphère transparente.

VP Globe Pendant O40 Coloured Glass avec deux grands réflecteurs en verre rouge et bleu à l’intérieur d’une sphère en acrylique transparent
Dans la version Coloured Glass, les deux grands réflecteurs transmettent la couleur au lieu de la réfléchir.

La VP Globe Pendant Brushed Aluminium est la plus discrète de la famille et la plus contemporaine d’esprit. Les réflecteurs en aluminium brossé mat paraissent nets et architecturaux là où le chrome brille, et les accents orange chaud apportent la secousse de couleur qui fait immédiatement reconnaître la main de Panton. Ce coloris a été développé d’après les théories de la couleur de Panton lui-même, avec la succession Panton, ce qui explique que cet orange semble choisi et non ajouté.

VP Globe Pendant Brushed Aluminium avec réflecteurs argentés mats et accents orange chaud à l’intérieur d’une sphère transparente
Réflecteurs en aluminium brossé et accents orange chaud, développés avec la succession Panton.

Maintenir en production une lampe des années 1960

VERPAN produit les luminaires et les meubles de Verner Panton (1926–1998), à partir de ses dessins, de ses nuanciers et de ses prototypes d’origine. Ce dernier point explique pourquoi les globes réédités paraissent posés plutôt que ressuscités : la couleur d’un réflecteur est traitée comme une donnée de la fiche technique, au même titre que le matériau de la rosace ou la longueur des chaînettes. Des créations des années 1960 et 1970 restent en production aux côtés d’éditions plus tardives comme le coloris aluminium brossé.

Le globe existe aussi dans d’autres diamètres. À côté du Ø40, il y a les versions Ø28 et Ø50, et le pas entre la taille moyenne et la plus grande est la décision à laquelle on se trouve réellement confronté. Nous avons traité ce choix à part dans VP Globe Ø40 vs Ø50, qui compare le comportement de chaque taille au-dessus d’une table.

Vivre avec une sphère

Une VP Globe demande à être vue d’en bas et de côté : elle récompense les emplacements où l’on passe dessous plutôt que les coins où elle ne s’offre que sous un seul angle. Les couloirs, les cages d’escalier et le centre d’une table de salle à manger sont les trois emplacements qui lui conviennent le mieux. Comme la lumière est réfléchie et non directe, elle fonctionne comme la couche générale et calme d’une pièce, avec une lampe de table ou un lampadaire ajouté pour la lecture.

Les grappes sont l’autre option, et la sphère y a un avantage sur la plupart des suspensions : les coques transparentes se chevauchent sans construire un mur de formes pleines, si bien que deux ou trois globes à des hauteurs décalées se lisent encore comme de l’air. Mélanger les finitions au sein d’une grappe, un laiton à côté d’un aluminium brossé, évite au groupe de ressembler à une parure assortie.

Si la lumière réfléchie et la couleur graphique de ce dessin vous parlent, le reste des luminaires de Panton suit la même logique dans d’autres géométries. Parcourez toute la collection VERPAN pour voir où la sphère se situe parmi les dômes, les fils et les cônes.